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lundi 31 janvier 2011

à monsieur le ministre

J'apprends ce matin par un communiqué radiophonique qu'un mouvement se dessine chez mes collègues retraités de l'Education Nationale. Initié par un ancien Proviseur de Lycée, ce mouvement voit des détenteurs d'un titre dans l'Ordre des Palmes Académiques vous adresser leur diplôme en guise de protestation à la politique éducative que vous menez actuellement en France.
Je vois dans cette protestation deux dimensions qui la rendent vaine.
Tout d'abord, ils vous rendent une distinction qui leur a été accordée par quelqu'un d'autre que vous, c'est-à-dire par un Ministre de l'époque où ils ont obtenu leur grade, un Ministre qui pour eux représentait l'honneur de leur Ministère alors que vous n'êtes qu'un ministre d'une époque délétère, celle que traverse notre pays actuellement.
Deuxièmement, en vous donnant ce qui est l'un des insignes du monde des valeurs, ils se débarrassent de ce qui est précieux pour eux pour vous l'offrir à vous, homme du monde des intérêts.
C'est en cela que réside l'erreur fondamentale de leur démarche. Vous allez vous gausser de cette manoeuvre qui ne vous atteindra pas car vous avez une analyse  aussi cynique que la mienne. Cela va faire rigoler le conseil des ministres quand vous leur rapporterez cette méprise de vos ennemis qui les fragilise un peu plus.
Quant à moi, je vais vous dire que lorsque je suis devenu Commandeur des Palmes Académiques, je n'ai pas été plus fier pour autant. J'avais déjà donné ma jeunesse et ma vie à l'Education. Pour remercier l'Inspecteur d'Académie qui m'avait proposé pour ce titre - homme que je respecte encore - nous avons ouvert avec lui quelques bouteilles de champagne. La dernière, je vais l'ouvrir et la boire à votre barbe. En effet, je vais tenir maintenant très haut et avec honneur cette décoration à laquelle je ne tenais pas plus que cela auparavant, simplement parce que je ne vous l'offrirai pas.
Pour vous ôter cette satisfaction et que vous restiez sans elle, les mains nues, sans rien avoir à me prendre de cette belle superbe que j'affiche à votre nez.

vendredi 28 janvier 2011

Au sein de l'équipe

Je n'ai jamais ressenti avec autant de plaisir le fait de me mouvoir au sein d'une équipe d'artisans et d'apprentis qui œuvrent à corriger de ma maison les misères que lui ont fait subir d'immondes sècheresses successives. Fissures sur certaines façades, torsion imposées à des huisseries, fentes horizontales des murs intérieurs ou carrelage détérioré, ce cortège de nuisances fait le quotidien de mes gens polyvalents qui s'attellent tour à tour à la réduction de ces désordres.


Tellement intégré dans le fonctionnement de cette entreprise, j'exécute des tâches marquant les divers moments d'une journée un peu comme un automate : à peine arrivés, mes hommes ont droit à leur café avant même qu'ils se dévêtent. (Ils le peuvent car la maison est bien chauffée afin que ces messieurs travaillent dans de bonnes conditions).

J'exécute moi-même, à part mes obligations de maître de maison, des tâches manuelles qui m'identifient à mes compagnons : je détapisse, je passe des enduits et je peins. Mes horaires sont les leurs et, comme eux, j'arrête le travail lorsque le chantier entrepris pour la journée est achevé. Et c'est souvent très tard!

Je me sens utile, voyez-vous. Utile non seulement pour l'amélioration de mon patrimoine bien sûr. Mais utile aussi à la bonne marche des actions conduites par les uns dans un endroit de la maison et par les autres dans un tout autre lieu. Si vous saviez, la maison est pleine de plâtre, de colle, de carreaux, de pots de peinture! Pas une pièce n'y échappe! Je ne sais plus où donner de la tête dans cette débauche d'outils, de matériaux et d'êtres qui les utilisent tant que ça se voit sur leur visage : des barbes ont blanchi, des sourcils semblent poudrés. Leurs vêtements peuvent tenir droit, recouverts qu'ils sont d'enduits ou de peinture.

Mais ne croyez pas que je pâtisse de ces va-et-vient incessants entre l'intérieur et l'extérieur de la maison (où il a fait jusqu'à moins 13) : je chante comme eux lorsqu'ils entonnent en chœur telle chanson connue passant sur une radio spécialisée pour les hommes du bâtiment pendant l'exercice de leurs fonctions.

Au sein d'une équipe! Voilà ce qui me manquait depuis que je suis à la retraite : être actif et solidaire et sentir autour de moi des hommes œuvrant avec une joie non feinte. La preuve : ils se charrient, ils plaisantent, s'en racontent de bonnes.

Ah! Que de différence avec une équipe pédagogique de spécialistes de l'enseignement.

Au sein d'une équipe de rigolards qui mesurent, martèle, étirent des produits, superposent des couches de colle, au sein d'une telle équipe qu'est-ce qu'on est heureux!

mardi 18 janvier 2011

BLOG (musique électronique)



BLOG parce que je viens d'en ouvrir un deuxième exclusivement réservé à l'effeuillage de mon roman MONTER LE VIE A CRU. Vous le trouverez à l'adresse : jorgiboy.erog.fr
Vous le verrez, vous vous dirigez avec erog.fr dans des eaux pas très, comment dire, pas très convenues et encore moins convenables. Mon roman y est un peu déplacé, j'en conviens. Mais c'est la seule façon de le partager avec vous, avec d'autres. Sur ce blog, chaque jour j'ajoute une, deux, voire plusieurs pages du roman dont on tourne quelques pages quotidiennenment. Pour les nouveaux arrivants, bien sûr, il faut commencer la lecture par la fin, càd les premières lignes.
Et puis pourquoi des tabeaux de Cézanne accompagnent-ils la musique électronique que j'ai intitulé BLOG? Il me semble que l'on trouve dans cette musique des réminiscences (fortuites?) de musiques des "îles" comme on dit. Alors j'ai pensé à Cézanne, à la fin de sa vie dans les îles du Pacifique. Et je l'ai honoré en présentant quelques tableaux de lui. Il a peint notamment (mais elle n'est pas dans ma sélection) la Sainte Victoire, une montagne aux alentours d'Aix-en-Provence que j'ai escaladée toute verglacée. J'étais instituteur à l'époque dans une classe unique au pied de cette montagne. Je voulais m'affirmer, me montrer que j'avais encore du ressort à cette époque. Je divorçais alors. Et depuis, demanderez-vous? Depuis j'ai escaladé bien d'autres difficultés. Mais ça va, ça va. Merci.

vendredi 14 janvier 2011

ACTUALITES


Dans cette chanson dont je ne me souviens plus qui l'a crée -(si vous pouviez me dire son nom)- l'actualité devient actualités. Tout ce que l'on peut apprendre n'a pas d'importance sinon que les informations que l'on peut recevoir par tel ou tel autre canal ne sont que des ponctuations vaines et stériles. Le monde extérieur s'agite, le monde des belliqueux s'enflamme, celui des traders s'affolle, mais lui, l'auteur, s'en fout. Il ballade, va boire "le whisky du matin" comme il dit, tranquille et sans affect violent, seulement la belle quiétude de celui qui reste à l'écart de l'actualité accrochée au revers de son veston.
Après vous avoir offert cela, morceau dans lequel je tiens la guitare et que j'ai arrangé de façon assez cool, je vais reprendre mes spatules, mes lisseuses, mes pinceaux pour me remettre au boulot. Au pied du mur à peindre, l'actualité et les infos n'ont plus de prise sur vous.

mardi 11 janvier 2011

Au milieu des pots de peinture

Au milieu de tout un fatras de meubles protégés et accumulés, de carrelages non terminés, de cartons, de sacs qui nous suivent de pièce en pièce chaque  fois que nous sommes délogés afin que les ouvriers puissent travailler dans un lieu donné, je reçois un coup de fil. Un miracle car, la Hi-box me suivant dans mon nomadisme interne au bout d'un long filin me raccordant à l'univers n'est pas toujours branchée, bousculée par les échaffaudages, interdites ici et là à cause de mille outils bruyants, d'autant d'engins projeteurs ou ponceurs, parfois tranchants ou percuteurs. Un coup de fil qui me fait abandonner mes spatules ou mes pinceaux, petit finisseur des actions lourdes conduites par des hommes puissants mais peu soigneux alors que je suis la finesse, l'adresse, le finisseur en couleurs, la french touche que ne sauraient mener à bien ces hommes pressés sans cesse à la recherche du gain de temps. Hommes de la civilisation du placoplâtre qui va vite, ils ne comprennent pas que je m'applique à rêver sur une fissure, à discourir sur des tons et des ambiances. Ils m'ont même reproché les fils courant le longs de plinthes de ce home cinéma qui va compléter cet immense écran led de chez Sony qui a fait l'merveillement de Nicolas et des autres lorsqu'ils sont venus réveillonner avec nous pour le Jour de l'An. Et pourtant qu'est-ce qu'une maison, un intérieur même soigné et rénové s'il n'est pas habité par le son, l'image?
Et bien au milieu des pots de peinture -car, ça y est, on en arrive enfin à ce stade où je vais pouvoir vraiment oeuvrer en solo- on m'appelle. Une voix africaine et féminine, délicieuse d'accent du Niger, qui m'appelle depuis un éditeur auquel j'avais envoyé mon manuscrit. Elle me relance afin que je me décide à être publié. Quel mot magique PUBLIE! Fou, vous vous laisseriez prendre par cette voix, les dédicaces qui vous attendent aux quatre coins de France dans des librairies obscures et en fin de vie. Le paiement de votre participation en trois versements vous paraît même acceptable. Vous y êtes sur le nuage. Vous dites que c'est à examiner et que vous êtes prêt à accepter cette proposition. Evidemment parce que votre livre pôssède des potentialités et une originalité certaine. C'est le comité éditorial qui le dit.
Mais au milieu des pots et des pinceaux, vous retrouvez notre ordinateur portable. Vous vous empressez d'aller sur les forums où l'on donne son avis sur votre éditeur. Merde! La déception est subite mais attendue en fait : on les connaît ces maisons-là qui encaissent votre "participation" à l'édification de la maquette de votre livre, vous en envoie cinq exemplaires pour vous et puis vous laisse tomber. Pas de promotion, pas de mise en place de la commercialisation. Votre livre n'existera jamais ; il restera vain.
Non, pas vraiment car, même sous sa forme numérique, il témoigne d'un besoin féroce de faire savoir, de raconter, d'écrire, de mettre en scène, de dépasser la vie courante, celle des pots et des pinceaux, des architectes d'intérieur qui ne soignent que l'extérieur de notre être alors que ce qui compte, c'est bien ce que nous portons en nous et qui fait que nous avons une âme. Un petit air, une complainte, deux sous d'harmonies, un zeste de dessin inachevé, une photo réussie, deux mots dits en passant qui sonnent comme un appel, une franche rigolade parfois un peu salée, eh! bien, oui! Même numérique, même dans des cartons, des tiroirs, ce que vous avez produit vous habite, vous crée, vous façonne. Mon aventure romanesque était d'ailleurs si douce à vivre que dans ma tête, pinceaux en mains et allongeant des couches de ma peinture préférée ( la Dulux Valentine!), je prépare un nouveau, un roman complétement nouveau qui s'appellera SCHOOL FICTION.
Vous ne pouvez absolument pas vous doutez de ce qu'il contiendra et encore moins deviner quel sera son argument. Un surprise? Non, une continuité de l'être qui s'exprime et qui ne peut s'en empêcher.

mardi 4 janvier 2011

CE BON VIEUX JAZZ (piano et basse)



Pour débuter l'année en musique, voici un gentil morceau sans prétention. Un peu de fraîcheur dans un monde en folie. Et puis il fallait bien que je me débrouille avec ce que j'ai dans mon sac car, les travaux ont repris dans notre maison qui s'embellit et nos trésors, notre nécessaire à vivre, sont toujours entassés dans le garage. Hier, aujourd'hui et demain, c'est l'électricien qui opère. Puis vont revenir carreleurs, plâtriers, peintres etc. Vous avez aperçu aussi au sein de cette foule d'ouvriers un petit bonhomme qui s'active à détapisser, passer des enduits, remonter des placards, peindre ici et là? Eh bien, c'est moi! Je suis en train de dévaliser notre magasin de bricolage local!