La douleur qui pesait sur mon être en s'estompant même légèrement laisse place à un espace où la douceur redevient précieuse, où la paix peut s'installer sur un pays reconquis.
L'excès ne conduit pas toujours à la démesure. Il peut s'adosser à une compréhension plus large, une prise en compte de l'autre. Au sortir d'une aventure brutale, d'un conflit ardent, je reprends goût au calme, je souris de nouveau à la trace d'un renard, au bon mot de l'un de mes proches. La préciosité n'est plus dans l'affectation dans ces momens-là, mais dans la simplicité d'un geste, d'un regard réconfortant qui fait savoir à l'autre qu'il compte pour toi.
Je découvre que je peux souffrir encore, mais sans heurt, sans éclat, sans cri, comme si la soufrance était une habitude, un état endémique qui rend plus sensible, plus attentif, plus ouvert à ce qui nous environne.
Et c'est alors une brise légère qui peut m'émouvoir.