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mardi 4 octobre 2011

Bonnes feuilles (1)

Vous vous souvenez de Zelma? C'est l'héroïne de mon roman MONTER LA VIE A CRU.
Voici un passage de ce roman que vous pouvez vous procurer chez l'éditeur www.monpetitediteur.com/librairie
mais aussi sur AMAZON ou en le commandant chez votre libraire.

Nous sommes à la page 285. Zelma a découvert que son mari avait une liaison. Elle décide de se venger. C'est elle qui parle :

"Le Monoprix, ce n’est vraiment pas un lieu comme aurait pu l’être un salon de thé. C’est là pourtant que j’ai été accrochée par un gars qui, pendant que je traînais devant le rayon des chocolats, s’est approché de moi par derrière et m’a presque soufflé dans l’oreille pour me dire qu’il s’en ferait bien offrir une de ces boîtes qui avaient l’air de me paraître si désirables. Par là, il était déjà entré dans ma recherche : avait-il senti que j’avais un désir cette après-midi et pas particulièrement un désir de chocolat ? De plus, c’est à lui qu’il me suggérait d’offrir ces chocolats ; ou autre chose. Peut-être mon corps, ai-je pensé tout de suite.


Je me suis retournée en souriant et non pas choquée à la manière de ces bourgeoises effarouchées qui, se sentant convoitées, craignent de faillir. Non, je dévisageais ce mec. Un grand type un peu fort, l’allure d’un représentant de commerce, de ceux qui ont de la gouaille et du baratin. Et puis, surtout, une barbe bien fournie qui paraissait agréable et douce au toucher. Un bon gars viril donc, sans trop de finesse. Un gars qui n’avait même pas dû saisir toute la subtilité des mots qu’il avait choisi de dire dans son approche. Mais un type pas trop tortueux qui d’emblée te fait sentir ce qu’il te demande, c’est un peu mieux que des tremblants qui ne savent plus comment te faire comprendre ce à quoi ils veulent en venir.


C’était un type identique à celui que j’étais venue chercher. Pourquoi lui demander de s’éloigner, en espérer un autre ? Je lui fis remarquer alors, en le voyant éberlué de constater que sa tentative réussissait, que c’était plutôt à lui de m’offrir quelque chose. Avais-je trouvé ces mots pour lui signifier que je n’attendais que son hommage, l’offrande de sa forte carrure et de ses bras solides ?"

Georges Lautier

lundi 3 octobre 2011

Pour la bonne cause

J'ai été contacté par mail par une personne cherchant à faire intégrer dans les blogs un lien conduisant à son entreprise, une agence proposant des emplois.
Présentement, c'est bien une cause défendable. Aussi j'ajoute ce lien que vous pouvez trouver ci-dessous, vous qui cherchez du boulot et qui passez sur le blog d'un retraité qui n'a plus ce souci.
Merci.

http://jooble-fr.com/

mercredi 28 septembre 2011

Le plus heureux des auteurs

Lisez ci-dessous la lettre qu'hier j'ai adressée à mon éditeur, Mon Petit Editeur, une filiale du Petit Fûté.

J'ai trouvé une petite librairie à Gap qui accepte de recevoir en dépôt 5 exemplaires de mon roman MONTER LA VIE A CRU. Comment cela peut-il s'organiser? Je n'ai pas bien compris comment fonctionne votre offre "Le Pack Dépôt". Il faut que l'auteur achète une grande quantité de livres sans doute.



Par "Mon Compte", je sais que vous avez en stock une trentaine d'exemplaires. Cinq de ces exemplaires ne pourraient-ils pas rejoindre cette librairie qui porte le nom charmant de "Au coin des mots passants" 15, rue Grenette 05000 Gap. Le téléphone est : 04 92 52 48 69. Ils ne sont ouverts que le mardi et le samedi. Il s'agit d'une librairie gérée par une coopérative. J'ai eu un contact téléphonique avec la directrice, Mme Sylvia PERONE.


A la rigueur, je pourrais leur apporter 5 exemplaires des 10 ouvrages que vous m'avez cédés avec une remise de 20%. Mais la librairie demandant 30% pour elle, je perdrais de l'argent à vendre ainsi mes livres. Je m'y résoudrais cependant car, je me suis engagé avec ces gens-là.


Quelle proposition pouvez-vous me faire?

Eh bien! Figurez-vous qu'aujourd'hui j'ai reçu un mail de la personne chargée de la diffusion de mon bouquin. Et que me dit-elle? Qu'elle a pris contact avec cette librairie et qu'elle va déposer en dépôt chez eux cinq exemplaires de MONTER LA VIE A CRU!
J'ai cru rêver! Quel bonheur de savoir que là-haut, dans les Hautes-Alpes, il va y avoir une librairie qui va placer sur ses rayons ce roman que j'ai du mal à faire vivre.

Je ne me décourage pas. J'ai appris sur France Musique qu'un jeune violoniste exceptionnel des pays nordiques est venu récemment à Paris pour tenter une expérience. Il a joué dans un couloir du métro plus d'une heure divers morceaux du répertoire classique. Personne n'y a apporté attention. Les gens passaient indifférents. Il a recueilli seulement une petite somme, une somme qui payait à peine son voyage de retour en train dans son pays.

Mes cinq exemplaires, s'ils se vendent tous, ne me rapporteront même pas de quoi payer mon voyage en automobile de Digne jusqu'à Gap. Mais que je serais heureux de rencontrer mes lecteurs car, ne faut-il pas du courage pour oser lire MONTER LA VIE A CRU? J'ai récemment eu une lectrice qui me disait lire mon roman dans la région parisienne en le lisant dans les transports en publics. Elle craignait toujours que les voyageurs se trouvant dans son dos parviennent à découvrir ce qu'elle lisait. Elle en aurait eu honte! Mais elle l'a tout de même lu jusqu'au bout. C'est qu'il y a bien d'autres choses dans ce roman que des horreurs qui peuvent scandaliser les pudibonds!
Faites-vous un jugement. Commandez MONTER LA VIE A CRU sur Amazon, chez votre libraire ou bien directment chez l'éditeur : www.monpetitediteur.com/librairie.

Bonne nuit!

lundi 26 septembre 2011

Poème d'antan

Point n'est liberté le fait d'être à l'extérieur des grilles.


Les grilles sont le passage ; et de part et d'autre, symétriquement, des contraintes, des menottes aux mains.

La liberté, c'est peut-être d'être embroché tout en haut, à cheval sur la pointe des grilles.



Georges Lautier 02/03/1963

dimanche 25 septembre 2011

L'école est un droit (chanson de Georges Lautier)


Nous vivons des temps où l'un des saluts ne pourra venir que de l'école.

samedi 24 septembre 2011

L'étude est comme un gel fixateur

L'étude est comme un gel fixateur de l'histoire. L'avancée que l'on y gagne, on la perd en solidification des savoirs. Accumuler des ritournelles, les réinterpréter n'en fait pas créer de nouvelles. Conserver en mémoire numérique dispense d'exercer la sienne. Thésauriser des graines les empêche de germer. Il en est de même des situations fermées qui conduisent au confinement.


Contrairement, les situations nouvelles impliquent un avant, un avant qui peut être fait d'histoire, de savoirs solides, de ritournelles dont les schèmes ont été intégrés. Même des graines ou des molécules peuvent un jour rencontrer des conditions favorables pour se reproduire ou entrer dans la composition d'organismes nouveaux.

Autrement dit, rien ne naît vraiment du néant. Certes, cela est connu. Mais pour l'individu qui se trouve au carrefour d'appétits qui l'entraînent autant à augmenter l'espace de ses acquis qu'à créer de nouveaux être (que ces êtres soient artistiques, logiques, philosophiques, biologiques, etc), le temps passé aux uns nuit aux autres, et réciproquement. L'univers des harmonies de Bill Evans est incontournables pour qui veut saisir le jazz de John Coltrane. En même temps, cet univers se présente comme historique, c'est-à-dire fixé.

Si donc l'œuvre nouvelle implique une avancée, ces éléments préalables ne sont souvent que des cadres, des ressorts, des moteurs, des tremplins. S'il s'agit d'accumulation en amont de l'œuvre nouvelle, c'est d'accumulation générative dont il s'agit. Chomsky avait parfaitement trouvé l'adjectif ad hoc pour définir la grammaire qu'il avait mis en évidence.

Le processus d'engrammation-création par l'enfant des éléments de son langage expose en fait tout à fait ce qui se réalise dans les autres domaines de l'activité créatrice humaine.

Il n'y a qu'à observer le jeune enfant construire sa langue pour apprendre comment faire une chanson, esquisser un pas de danse, dessiner une arabesque.

mercredi 21 septembre 2011

Petite chambre

En Corse, l'été, j'occupe une petite chambre. J'y travaille lorsque tous sont dehors, à la plage ou à courir dans le village. Je lis et souligne ce qui me paraît important à analyser, à retenir, à discuter. Je dessine, j'écris. J'ai le temps devant moi, le soleil dans mes yeux. Je rêve et suis souvent nostalgique des années où, pendant les vacances, je préparais le script d'un spectacle de cirque que nous allions donner dans l'année qui allait s'ouvrir à la rentrée. J'étais pressé de vivre, de mordre à belles dents les jours.
Aujourd'hui, dans cette chambre, sobre, bien rangée, traîne une odeur de linge bien tenu. Les murs sont ocre vif, couleur que j'ai choisie pour m'apporter ses vibrations. Je l'ai peinte ainsi pour que ceux qui la visitent disent : "Il fallait oser!"
Que pourrais-je encore oser qui ferait dire aux gens : "Qu'est-ce qu'il va encore tenter, ce vieux fou!"

Voici la chambre. La chambre vide, sinon visitée par le vent qui cherche à me jouer un tour.