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vendredi 25 janvier 2013

à Patricia Kass


J'adore Patricia Kass avec sa voix éraillée, chaude et qui s'approche beaucoup de celle des ladies du jazz du type Billie Holliday. La misère, les douleurs, les épreuves de la vie traînent dans ces voix. Mais elles sont tellement aussi chargées d'humanité. Tout cela m'est venu brusquement en tête il y a cinq à six jours que je me suis jeté sur le premier papier venu pour tracer presque d'un seul jet cet hommage à Patricia dont une des plus belles chansons s'intitule : Mademoiselle chante le blues.

jeudi 24 janvier 2013

Chatte sur un mur brûlant

Dans le précédent message, le texte accompagnant les photos des chatons était illisible. En voici une nouvelle mouture.


Chatte sur un mur brûlant
jeudi 24 janvier 2013
06:59

J'ai vécu quinze jours, en juillet 2010 en Corse, voisin d'une chatte sauvage qui avait mis bas dans la maison jouxtant la nôtre. Dans cette maison écroulée depuis des décennies et jamais reconstruite, la bête avait pensé avoir trouvé un refuge sûr pour ses chatons. Loin de la gent humaine dont elle se tenait à distance, sauvage comme elle l'était et, de plus, réfractaire à toute domestication.
Lorsqu'en bébés curieux les chatons montrèrent enfin le bout de leur nez rose, ils firent des apparitions fugaces et craintives. Très vite pourtant ils s'enhardirent toujours un peu plus loin de leur couche natale située sous un grand mur. La mère se mit à les gronder d'un grognement profond et terrifiant dont on n'aurait jamais cru capable cette petite femelle efflanquée.

Lorsqu'elle s'approchait de chez nous, elle s'étonnait d'abord de voir du monde dans cette maison voisine de la sienne. Cette maison n'était-elle pas fermée habituellement? Ah mince! Voilà que sa cache devenait repérable! Son choix pour accoucher n'avait pas été parfait. Elle avait failli! Elle en adressait d'autant plus de remontrances à ses chatons qu'ils n'étaient pour rien dans ce choix. Cherchant plus loin encore un autre bouc émissaire, elle me rendait responsable du dérangement qu'elle subissait. Elle eût désiré sans doute que je déménage, m'éloigne de ces lieux qui étaient siens depuis qu'elle y avait eu ses petits. Je sentis que j'étais un intrus, moi, les miens, tous les membres de la famille qui avions pignon sur rue ici depuis que les ancêtres de mon épouse avaient fait construire cette maison en 1751.

Remontant la rue en escaliers qui la conduisait jusqu'à son antre, m'apercevant sur la petite terrasse si fraîche l'après-midi cet été-là, elle s'immobilisait, prête à fondre sur l'impudent toutes griffes dehors. Son grondement devenait féroce alors qu'il pouvait prendre des accents attendris, raisonneurs, lorsqu'elle l'adressait à sa progéniture. Ses yeux, ses yeux surtout, comme des boules de feu prêtes à jaillir de ses orbites, se rivaient aux miens et, impérieusement, m'adjoignaient de la respecter.

C'était pourtant ce que je faisais! Hélas, j'avais cru bon, à la voir flancs creusés, mamelles gonflées, regard enfiévré, d'accompagner la faible ration de lait maternel qui devait devenir chaque jour plus réduite, de croquettes pour chatons nouveau-nés. Geste condamnable, geste colonisateur, geste insupportable par la fière mère qui tenait à élever seule ses enfants, loin des compromissions culturelles et esclavagistes de l'Homme.

Elle déménagea sa petite famille pendant toute une nuit durant en évitant chiens, renards, couleuvres, humains attardés: six mignons chatons, tous différents. Je compris alors que cette chatte, ardente et passionnée, avait dû connaître plusieurs partenaires lors de l'ovulation qui prépara la naissance de mes petits voisins. D'ailleurs, je connaissais dans le quartier des papas balafrés de ces si charmants chatons que je saluais respectueusement depuis que je savais quel courage il leur avait fallu pour monter une telle femelle.
Je me suis demandé longtemps après s'il ne fallait pas utiliser cet exemple pour expliquer le comportement sexuel d'autres mammifères, en l'occurrence ceux constituant l'espèce humaine. Cette espèce se divise pour l'instant en hommes et en femmes. On sait que l'homme est souvent accusé par la femme de lui faire l'amour sans trop prendre garde à ce qu'elle attend d'un rapport sexuel qui reste malgré tout une relation amoureuse. L'homme n'aurait pour objectif que l'éjaculation libératrice de tensions très masculines alors que la femme souhaiterait que le coït se prolonge, dure, s'étale pour qu'elle puisse prendre tout son plaisir dans un orgasme qui se prolonge. Il est curieux aussi de noter que d'un côté l'homme soit généreux de par le nombre de spermatozoïdes qu'il libère alors que la femme est économe de ses ovules dont elle n'a qu'un stock limité.

Ainsi, même si dans des situations de pluralité sexuelle une femme se donnait à plusieurs partenaires au moment où elle traverse une ovulation, il n'y a que peu de chances de la voir mettre au monde neuf mois plus tard un enfant rouge, un enfant jaune et un enfant noir. Il serait vain pour cette femme de tenter de concurrencer ma petite voisine, la chatte sauvage sur un mur brûlant.

Toutefois, cette histoire et la réflexion que j'en ai tirée, me conduisent à relever que dans le comportement sexuel, la femme et l'homme sont dotés de possibilités archaïques opposées qui remontent à leurs ancêtres très lointains. Archaïques parce que ces possibilités ne correspondent plus aux mammifères humains que nous sommes devenus. Le mâle parmi d'autres mâles se devait d'être rapide alors que la femelle face à la pluralité des mâles prenait son temps pour les accueillir. Cette opposition entre les "styles" sexuels masculin et féminin n'est plus de mise aujourd'hui. Et c'est peut-être ce qui explique les tensions que l'on constate entre hommes/femmes.
A moins que l'Evolution travaille déjà à harmoniser le comportement sexuel masculin sur celui de la femme. Auquel cas, on pourrait mieux comprendre pourquoi le poète Louis Aragon  a pu dire que la Femme était l'avenir de l'Homme.

 Georges Lautier

Chatte sur un mur brûlant




Chatte sur un mur brûlant
jeudi 24 janvier 2013
06:59

J'ai vécu quinze jours, en juillet 2010 en Corse, voisin d'une chatte sauvage qui avait mis bas dans la maison jouxtant la nôtre. Dans cette maison écroulée depuis des décennies et jamais reconstruite, la bête avait pensé avoir trouvé un refuge sûr pour ses chatons. Loin de la gent humaine dont elle se tenait à distance, sauvage comme elle l'était et, de plus, réfractaire à toute domestication.
Lorsqu'en bébés curieux les chatons montrèrent enfin le bout de leur nez rose, ils firent des apparitions fugaces et craintives. Très vite pourtant ils s'enhardirent toujours un peu plus loin de leur couche natale située sous un grand mur. La mère se mit à les gronder d'un grognement profond et terrifiant dont on n'aurait jamais cru capable cette petite femelle efflanquée.

Lorsqu'elle s'approchait de chez nous, elle s'étonnait d'abord de voir du monde dans cette maison voisine de la sienne. Cette maison n'était-elle pas fermée habituellement? Ah mince! Voilà que sa cache devenait repérable! Son choix pour accoucher n'avait pas été parfait. Elle avait failli! Elle en adressait d'autant plus de remontrances à ses chatons qu'ils n'étaient pour rien dans ce choix. Cherchant plus loin encore un autre bouc émissaire, elle me rendait responsable du dérangement qu'elle subissait. Elle eût désiré sans doute que je déménage, m'éloigne de ces lieux qui étaient siens depuis qu'elle y avait eu ses petits. Je sentis que j'étais un intrus, moi, les miens, tous les membres de la famille qui avions pignon sur rue ici depuis que les ancêtres de mon épouse avaient fait construire cette maison en 1751.

Remontant la rue en escaliers qui la conduisait jusqu'à son antre, m'apercevant sur la petite terrasse si fraîche l'après-midi cet été-là, elle s'immobilisait, prête à fondre sur l'impudent toutes griffes dehors. Son grondement devenait féroce alors qu'il pouvait prendre des accents attendris, raisonneurs, lorsqu'elle l'adressait à sa progéniture. Ses yeux, ses yeux surtout, comme des boules de feu prêtes à jaillir de ses orbites, se rivaient aux miens et, impérieusement, m'adjoignaient de la respecter.

C'était pourtant ce que je faisais! Hélas, j'avais cru bon, à la voir flancs creusés, mamelles gonflées, regard enfiévré, d'accompagner la faible ration de lait maternel qui devait devenir chaque jour plus réduite, de croquettes pour chatons nouveau-nés. Geste condamnable, geste colonisateur, geste insupportable par la fière mère qui tenait à élever seule ses enfants, loin des compromissions culturelles et esclavagistes de l'Homme.

Elle déménagea sa petite famille pendant toute une nuit durant en évitant chiens, renards, couleuvres, humains attardés: six mignons chatons, tous différents. Je compris alors que cette chatte, ardente et passionnée, avait dû connaître plusieurs partenaires lors de l'ovulation qui prépara la naissance de mes petits voisins. D'ailleurs, je connaissais dans le quartier des papas balafrés de ces si charmants chatons que je saluais respectueusement depuis que je savais quel courage il leur avait fallu pour monter une telle femelle.
Je me suis demandé longtemps après s'il ne fallait pas utiliser cet exemple pour expliquer le comportement sexuel d'autres mammifères, en l'occurrence ceux constituant l'espèce humaine. Cette espèce se divise pour l'instant en hommes et en femmes. On sait que l'homme est souvent accusé par la femme de lui faire l'amour sans trop prendre garde à ce qu'elle attend d'un rapport sexuel qui reste malgré tout une relation amoureuse. L'homme n'aurait pour objectif que l'éjaculation libératrice de tensions très masculines alors que la femme souhaiterait que le coït se prolonge, dure, s'étale pour qu'elle puisse prendre tout son plaisir dans un orgasme qui se prolonge. Il est curieux aussi de noter que d'un côté l'homme soit généreux de par le nombre de spermatozoïdes qu'il libère alors que la femme est économe de ses ovules dont elle n'a qu'un stock limité.

Ainsi, même si dans des situations de pluralité sexuelle une femme se donnait à plusieurs partenaires au moment où elle traverse une ovulation, il n'y a que peu de chances de la voir mettre au monde neuf mois plus tard un enfant rouge, un enfant jaune et un enfant noir. Il serait vain pour cette femme de tenter de concurrencer ma petite voisine, la chatte sauvage sur un mur brûlant.

Toutefois, cette histoire et la réflexion que j'en ai tirée, me conduisent à relever que dans le comportement sexuel, la femme et l'homme sont dotés de possibilités archaïques opposées qui remontent à leurs ancêtres très lointains. Archaïques parce que ces possibilités ne correspondent plus aux mammifères humains que nous sommes devenus. Le mâle parmi d'autres mâles se devait d'être rapide alors que la femelle face à la pluralité des mâles prenait son temps pour les accueillir. Cette opposition entre les "styles" sexuels masculin et féminin n'est plus de mise aujourd'hui. Et c'est peut-être ce qui explique les tensions que l'on constate entre hommes/femmes.
A moins que l'Evolution travaille déjà à harmoniser le comportement sexuel masculin sur celui de la femme. Auquel cas, on pourrait mieux comprendre pourquoi le poète Louis Aragon  a pu dire que la Femme était l'avenir de l'Homme.

 Georges Lautier


dimanche 20 janvier 2013

COMPLICES 1° de couverture

Pour aujourd'hui, vous aurez la première de couverture de mon dernier roman intitulé COMPLICES. C'est un real polar, c'est-à-dire un roman policier dans lequel on assiste en direct aux meurtres en temps réel. Roman policier, si l'on veut car, la police n'y a que peu de place. Elle est évoquée, uniquement parce que souvent elle est appelée pour constater la mort par "suicide" ou par accident. Le reste du temps la mort est seulement constatée par un médecin qui accorde le permis d'inhumer. Ah, oui! Dans une seule circonstance une enquête sera menée par la gendarmerie et le dossier d'ailleurs restera ouvert. Mais je ne relate pas dans le détail  les interrogatoires. Je passe vite là-dessus comme si je ne voulais pas mêler la police à des crimes dont je préserverais l'intimité. Je situe mon roman dans une région dont je ne donnerais pas ici le nom. Mais c'est une région assez mystérieuse, particulière au point de vue géographique et qui grouille de secrets inviolés. Je voulais donc que mes victimes soient assassinées sans trop de bruit. Dans ce pays de chasses, les braconniers sont nombreux. Et les actions conduites par mes personnages ressemblent un peu à des traques, à des pièges illégaux. Ils restent dans l'ombre. On ne défraye pas la chronique avec des morts qui sont violentes certes, mais qui se font très vite oubliées.

La première de couverture d'aujourd'hui vous présente un titre, un sous-titre et le nom de l'auteur. Le fond est préparé avec des pétales de roses Sweetness, rose qui joue un rôle dans le roman. Je fais sécher les pétales de ces roses, puis j'en couvre la vitre de mon scanner. Je réalise ensuite des fichiers que j'imprime ou non. Pour cette couverture, les pétales étaient bien fanés. C'est pour cela qu'ils sont jaunissants, et même d'un brun auburn. Mais le rouge/rose qui orne irrégulièrement les pétales est tout de même encore visible.
Pendant que j'ai écrit ce roman, j'ai toujours eu une de ces roses Sweetness sur le bord de mon évier, à la cuisine. Chaque fois que je la renouvelais chez ma fleuriste, je lui disais qu'un nouveau meurtre venait d'avoir lieu dans mon livre. Elle s'est intéressée à mon travail. Sans doute est-elle bonne commerçante ... .

Automne 99


J'avais composé cette musique à l'automne 1999. Or, aujourd'hui, alors que la France courbe le dos sous des averses continues de neige, la Provence est copieusement arrosée. Digne est triste et noire. La campagne rappellerait l'automne si l'on ne prenait pas garde au fait que les arbres à feuilles caduques ont déjà perdu leurs feuilles. C'est donc l'hiver ; mais un hiver qui ressemble à l'automne.

La musique est accompagnée par des photos d'Agathe Lautier, ma petite fille qui a 14 ans. C'était Noël et elle étudiait quelques cadrages sur des sujets dans le genre de ceux qu'elle photographiera sitôt qu'elle aura trouvé le reflex numérique qui lui conviendra. Le cadeau de Noël pour cette demoiselle cette année c'était  donc un bel appareil photo. Toute la famille s'est cotisée. Ce que vous allez voir est assez prometteur.

samedi 19 janvier 2013

On s'accommode


dimanche 20 janvier 2013
07:45

On s'accommode, on s'accommode à tout, vous savez. Montesquieu nous le recommandait déjà lorsqu'il écrivait dans ses "Cahiers" : "Cherchons à nous accommoder à cette vie ; ce n'est point à cette vie à s'accommoder à nous."

Ainsi on s'accommode à ces deux vertèbres lombaires qui se chevauchent et vous obligent à sortir du lit très tôt le matin lorsque la douleur devient insupportable. Mais à cela, voyez-vous, on s'accommode. On s'accommode parce qu'on n'y peut rien … à moins de prendre un abonnement quotidien chez un ostéopathe. Ah! si vous vous accommodiez à ce que de mauvaises bactéries viennent s'installer dans votre estomac pour finir par le grignoter tout cru, vous seriez idiot car, aujourd'hui, ce mal peut être combattu en huit jours par des antibiotiques.

Alors pourquoi s'accommoder, s'accommoder toujours de vexations, de vilenies, de vacheries sournoises, d'une St Valentin sans baisers, d'une virilité évanescente, ou même d'un semblant de vérité? Parce que vous êtes accommodant, mon vieux! Et que vous êtes l'as de la fuite domestique. Si vous savez trouver des accommodements aux positions tranchées de votre beau-frère, vous êtes bon prince. Si vous êtes devenu aisé à vivre, c'est que vous avez su mettre un éteignoir sur votre ego et que, si vous le laissez gonfler, c'est en cachette, dans des productions que vous vous figurez avoir une valeur artistique.

Eh, oui! Vous êtes devenu traitable : c'est un mot qui existe mais qui vous ruisselle sur la gueule, non? Ah! Vous vous cachez! Cachez-vous donc, jusqu'à devenir complaisant. N''est-ce pas ce que l'on attend de vous?
Quittez donc vos humeurs d'acariâtre, de vieux grognon, d'insociable, d'intraitable, d'intransigeant et, même, de pointilleux, voire de susceptible. Ah! Surtout : ne devenez pas tranchant! Vous feriez croire que vous avez de l'orgueil. C'est avec ce mot que l'on cloue le bec à ceux qui rêvent d'un monde meilleur.
Accommodez-vous.

Deux roses Sweetness



La première de ces deux roses est celle qui illumine encore à l'instant le coin de l'évier de ma cuisine.
La deuxième était prête à se pencher, vous savez comment font les roses : juste au-dessous de la corolle, la tige devient faible et elles s'inclinent alors pour nous tirer leur révérence d'un triste geste silencieux.
C'est elle que j'ai "épilée", en prenant délicatement chaque pétale entre le pouce et l'index. Et c'est alors que j'ai ressenti ce contact qui m'a donné le frisson. J'en ai parlé dans le texte précédent.

Les roses Sweetness sont mes préférées depuis que je les ai utilisées dans mon dernier roman intitulé  "COMPLICES". En effet, dans ce roman, une rose de ce type est adressée pare le service Florajet à l'individu qui avait intérêt au crime qui vient de se produire. Dans le roman, quatre de ces roses ont été adressées ainsi. Une cinquième aurait dû l'être également car, il se trouve que ce roman compte cinq meurtres. Mais c'est là qu'est la faille de l'organisateur grand ordonnancier qui manipule les êtres qui ont adhéré à ses propositions.

Curieuses propositions d'ailleurs. Chaque meurtrier échange son crime contre celui d'un autre et effectue ensuite un crime dans lequel il n'a aucun intérêt en jeu. Croiser les assassinats afin que l'on ne retrouve pas la piste du meurtrier décide ceux qui hésitaient encore à passer à l'acte.

Certaines bonnes pages de ce roman seront postées sous peu. J'adresserais volontiers à ceux qui m'en feraient la demande un exemplaire e-book de ce roman, à condition qu'en échange je puisse recevoir des commentaires. Nous échangerions car, c'est vrai on étouffe tout seul assis sur son blog.
Me contacter à mon adresse e-mail : georges.lautier56@orange.fr